AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT Ce blog a pour raison d'être de rééquilibrer la problématique de l'affaire de Nantes, et de remettre à l'honneur la présomption d'innocence.

Il s'adresse en particulier à tous ceux et celles qui restent meurtris, et qui ne renoncent pas à comprendre.

En tant que partie civile, nous avons pu constater dans le dossier que les informations qui ont fuité dans les médias provenaient d’une sélection d'éléments à charge, pour une raison que nous ne nous expliquons pas. Alors qu'il existe pourtant quantité d'éléments à décharge dont l'importance est minimisée.

Pour résumer notre position [...] Réfléchir autrement.

Bertram et Christine de Verdun (sœur de Xavier)

« Délire mystique », « sacrifice familial » ...


... « schizophrénie mystique » et autres absurdités...


Pour exemple de ceux qui parlent sans savoir :


Témoignage d'un "ami d'enfance" de Xavier Dupont de Ligonnès.

Le Parisien, publié le 22.04.2011.

Cet "ami" du père de la famille Dupont de Ligonnès redoute que cet homme originaire d'un milieu catholique intégriste ait été pris par « un délire mystique ».

Vous avez connu Xavier Dupont de Ligonnès adolescent ?
On a grandi ensemble à Versailles, dans les Yvelines. Il est originaire d'un milieu catholique intégriste. Sa mère et sa sœur Véronique étaient très impliquées dans l'activité du diocèse à l'époque. Son père, un peu arnaqueur, un peu mythomane, les a quittés alors qu'il était très jeune. Il a eu une enfance heureuse, même s'il a souffert de l'absence de son père et de ses activités plus ou moins légales. Pour ses 18 ans, il lui a quand même offert une Triumph ! Xavier et Agnès se sont rencontrés à 16 ans. Ils fréquentaient le même milieu catholique. Mais je ne les ai jamais considérés comme extrémistes.

Quel homme est-il aujourd'hui ?
C'est un peu un aventurier. Il peut emmener sa famille à l'autre bout du monde sur un coup de tête. Agnès et les enfants le suivaient les yeux fermés. Ils avaient vécu aux Etats-Unis, Xavier aime beaucoup la musique country. Ils se sont installés à Nantes après avoir beaucoup déménagé. Ils n'avaient pas de problèmes d'argent. Xavier a toujours trouvé du boulot par ses réseaux. Il a changé plusieurs fois d'orientation.

Aurait-il pu être pris d'un coup de folie ?
Ce que je redoute c'est qu'il ait été peut-être pris par un délire mystique. Il aurait pu être embringué par une secte et se dire qu'ils allaient mourir pour entrer dans un monde meilleur. Tout cela est terrible, cette affaire est folle.

Le Parisien




Commentaire très pertinent de Joss - 23/04/2011 - 11h47 :

Ce témoin (courageusement anonyme) ne doit pas avoir si bien connu que cela cet homme, ou alors ses souvenirs sont flous et datent de l'adolescence. 
Comment en effet ajouter foi à son assertion (bien dans le sens du vent) qu'il était originaire d'un milieu catholique intégriste et qu'en même temps (phrase suivante) sa mère et sa sœur aurait été très impliquées dans la vie du diocèse à l'époque. C'est bien mal connaitre l'ambiance au sein du Diocèse de Versailles il y a 30 ou 40 ans où les intégristes et même traditionalistes ne risquaient pas d'avoir droit de cité (sans même parler, hypothèse délirante) d'avoir des responsabilités. 
Quant à son couplet sur "ils n’avaient pas de problème d'argent" je crois que son grotesque est amplement prouvé depuis. 
Messieurs les journalistes du Parisien, je me tiens à votre disposition pour gloser sur cet homme ... que je n'ai jamais vu, ou sur toute autre personne pour laquelle vous seriez en panne de témoin ! Sans rancune mais de grâce ne prenons pas tout pour argent comptant et recoupons les informations ...


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De la notion de sacrifice dans la religion catholique :

Le jeudi 29 avril 2010, sur le forum Cité Catholique, Xavier avait posé une question dans un nouveau fil intitulé "Nécessité des sacrifices ?":

Bonsoir à tous.
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer, simplement mais vraiment, pourquoi on parle toujours de "Sacrifices" dans les religions, notamment la religion Catholique.
Je ne parle pas de sacrifices dans le sens "privations volontaires", mais dans le sens "offrandes à Dieu", AGRÉES par Celui-Ci
En quoi Dieu a-t-Il besoin, ou envie, ou autre sentiment, qu'on Lui offre la mort d'une bête, d'un enfant, d'un homme ... de son Fils ?
Merci pour vos réponses

Un mois plus tard, le 24 mai 2010, après quelques échanges avec d'autres participants de ce forum, Xavier avait trouvé de lui-même la réponse qu'il cherchait dans un écrit du Père Emmanuel:

De toute façon, je crois que la réponse à la question initiale a été donnée avec cette citation du Père Emmanuel :
I. Qu’est-ce qu’un sacrifice ? 

Le sacrifice est proprement un acte de religion qui consiste à détruire, au moins d’une certaine manière, une chose en l’honneur de Dieu. Il n’y a point de signe qui soit plus convenable pour exprimer le souverain domaine de Dieu sur la créature. Et, par suite, le sacrifice est l’acte par excellence du culte divin.

Cette citation est tirée d’un petit traité sur la sainte messe, « Le sacrifice eucharistique », écrit par le Père Emmanuel André (1826-1903), moine bénédictin et curé du Mesnil Saint-Loup, et paru sous forme d’articles dans son bulletin paroissial « Bulletin de Notre-Dame de la Sainte Espérance » (numéros de mars 1880 à février 1881). On le trouve en ligne intégralement sur le site SALVE REGINA : 

Cette citation, lue a posteriori, après le 21 avril 2011, par des personnes peu renseignées sur la religion catholique, et parfois attribuée à tort à Xavier lui-même, donne lieu à un contre-sens radical.

Contresens que n'a pas fait Bernard Blandre, qui, comme tous les experts auto-proclamés de cette affaire, ne connaissait Xavier qu'au travers des médias. Après avoir fait l'effort de lire attentivement les échanges de Xavier sur le forum Cité Catholique, Bernard Blandre a écrit un article sur le sujet, en août 2011, dans un bulletin qu'il publie. Même s'il n'est pas exempt d'erreurs, compte tenu des sources dont l'auteur disposait, il demeure à ce jour le seul article à notre connaissance qui ait su faire une analyse correcte du rapport de Xavier à la religion, en replaçant dans leur contexte les questions qu'il exprimait à ce sujet sur internet. En voici un extrait :

"Philadelphie*, responsable du quintuple meurtre ?

Répondre à cette question se heurte à un obstacle majeur : il n’est pas prouvé que Xavier Dupont de Ligonnès ait été le meurtrier ; à l’heure où cet article est écrit, il est disparu et n’a pas été jugé par un tribunal. Il bénéficie donc de la présomption d’innocence. Pour avancer toutefois dans la réflexion, la question a deux aspects : Si Xavier est le meurtrier, a-t-il tué pour des motivations religieuses ? S’il est le meurtrier, a-t-il été poussé au crime par Philadelphie* ?

Imaginons l’hypothèse que Xavier ait perpétré le crime. Evidemment se pose la question de ses interrogations sur le sacrifice. La Bible, dans l’Ancien Testament évoque les sacrifices sanglants d’animaux offerts à Yahveh et mentionne dans deux cas différents les sacrifices humains d’un fils : l’ordre donné à Abraham de sacrifier son fils Isaac (finalement non exécuté, Dieu ayant demandé au père de lui sacrifier un animal à la place) et, surtout, le sacrifice de sa vie que Jésus a offerte à Dieu son père pour effacer les effets du péché d’Adam sur l’humanité. Xavier de Ligonnès, dont l’éducation était nourrie de Bible, en aurait-il tiré la conclusion que le sacrifice humain et notamment la mise à mort des enfants par le père restaient d’actualité au XXI° siècle puisque Dieu les agrée ? 

Cette hypothèse n’est crédible que si l’on l’extrait de son contexte. En fait, les questions posées à Cité Catholique sur le sacrifice s’inscrit dans des interventions agressives contre la religion en général, le catholicisme en particulier. Rappelons que le 19 mars 2010 il écrivait qu’il ne croyait plus à rien et notamment plus en un Dieu personnel. Avant qu’il ait lancé le débat sur le sacrifice le 20 avril, il est intervenu le 8 [en fait le 8 avril 2011, soit un an après] dans un débat sur les généalogies de Jésus : le sujet était : les indications publiées dans les évangiles de Luc et Matthieu, différentes l’une de l’autre, se complètent-elles ? Ligonnès répondit : « S’ils se sont donné la peine de mentionner tous les noms, et de compter le nombre de générations, ce n’est pas pour en ‘oublier’ certaines ! Ils dépendent les uns des autres puisque chaque phrase commence par ‘untel a engendré untel’ etc… Le texte ne dit pas : parmi les ancêtres de Jésus on peut citer entre autres … ». La conclusion que devait en tirer le lecteur était que les évangiles se contredisent et qu’ils n’ont donc aucune valeur. A un autre moment, il écrivait : « Comment voulez-vous, étant athée, qu’une démonstration basée sur l’autorité du Décalogue puisse me convaincre ? », et aussi il affirmait en 2010 avoir perdu la foi depuis 14 ans (soit en 1996).

Si l’on tient compte de l’ensemble, on comprend mieux ce qu’il a écrit sur les sacrifices : dans une démarche de mise en cause des croyances que sa mère lui avait enseignées durant son enfance, il attaquait les religions en mettant en cause le caractère répugnant des sacrifices sanglants d’animaux et d’êtres humains, et par là la valeur de celui que Jésus a offert à son père pour le salut de l’humanité. En fait, probablement à la suite de la déception subie par Philadelphie* qui attendait des événements apocalyptiques pour 1994 [fait imaginaire, relayé par les médias, aucune date n'ayant jamais été avancée ; la perte de foi de Xavier a eu lieu en dans un contexte familial particulier, mais Bernard Blandre n'est informé qu'au travers du prisme déformant des médias], Xavier avait perdu la foi en 1995 selon sa mère, en 1996 selon ce qu’il écrivait lui-même. Il était devenu athée comme il l’avouait lui-même.

Et en 2010, il devint agressif envers ses anciennes croyances, en affirmant ne pas croire en Dieu, en mettant en cause l’exactitude des généalogies du Christ et en contestant les sacrifices sanglants. Il est douteux que cette crise d’agressivité antireligieuse ait quelque chose à voir avec les meurtres. Tout au plus ceci : Xavier avait épousé Agnès parce que catholique alors qu’il s’était senti obligé de quitter pour elle son amie protestante. Il est difficile d’aller plus loin dans les hypothèses, d’autant plus que la presse a avancé une autre explication possible : les graves difficultés financières s’ajoutaient à la mésentente du couple. Mais le mot-clé de tout ce développement est : hypothèse. Rappelons qu’il n’est pas prouvé que Xavier ait été l’auteur des homicides."

* Philadelphie : ce nom se rapporte directement à un passage de l'un des premiers chapitres de l'Apocalypse de Saint Jean (3;7-13), et correspond, selon l'interprétation catholique classique, à une période particulière de l'histoire de l'Eglise. La lecture de ce passage suffit à expliquer pourquoi tout catholique préfère prendre pour référence l'église de Philadelphie, plutôt que celles de Sardes ou de Laodicée, par exemple, précédant et suivant directement Philadelphie dans le texte de l'Apocalypse. Dans le contexte qui nous intéresse, ce terme a été employé à plusieurs reprises, sans aucune exclusivité, pour désigner le groupe de catholiques, prêtres ou laïcs, assez restreint et très variable dans le temps, qui s'est intéressé aux messages reçus par Geneviève de Ligonnès de 1972 jusqu'à aujourd'hui.

Il reste à ajouter que Xavier ne traitait pas ces sujets uniquement sur internet : avec certains proches, dont il connaissait la foi catholique, il entretenait des débats amicaux. Les développements de son argumentation, tels qu'ils sont exprimés sur le forum Cité Catholique, nous étaient déjà bien familiers.