AVERTISSEMENT

AVERTISSEMENT Ce blog a pour raison d'être de rééquilibrer la problématique de l'affaire de Nantes, et de remettre à l'honneur la présomption d'innocence.

Il s'adresse en particulier à tous ceux et celles qui restent meurtris, et qui ne renoncent pas à comprendre.

En tant que partie civile, nous avons pu constater dans le dossier que les informations qui ont fuité dans les médias provenaient d’une sélection d'éléments à charge, pour une raison que nous ne nous expliquons pas. Alors qu'il existe pourtant quantité d'éléments à décharge dont l'importance est minimisée.

Pour résumer notre position [...] Réfléchir autrement.

Bertram et Christine de Verdun (sœur de Xavier)

jeudi 29 novembre 2012

Monsieur Dupont peut-il être un infiltré des stups américains ?


mis à jour le 6 avril 2013


Dans [sa] lettre […] à une dizaine d’amis et membres de sa famille, [Xavier] affirme que lui, sa femme et ses enfants ont dû partir précipitamment […] : il explique avoir aidé la Drug Enforcement Agency (DEA), sorte de brigade des stupéfiants américaine, avoir recueilli [des] informations, [devoir] témoigner dans un procès contre de hauts trafiquants de drogue aux Etats-Unis ; et avoir été menacé à cause de cela au point d’être engagé dans le «programme fédéral de protection des témoins» américain.


Photo: Spy vs Spy, Tony the Misfit via Flickr - CC licence by

[…] 

Mais qu’en est-il de la théorie que la lettre développe ? Un Français peut-il devenir un agent infiltré de la brigade des stups américaines ? De là partir témoigner à un procès aux Etats-Unis ? Et pour cela être enrôlé dans le Witsec, le programme de protection des témoins américain? Le tout en ayant le droit d’écrire une lettre à une dizaine de proches leur racontant tout ça ? 

Xavier et Agnès n'avaient pas le choix : ils devaient prévenir leurs amis nantais, avec un jour d'avance, sous peine de les inquiéter, et qu'ils alertent la police, déclenchant des recherches gênant l'exfiltration. Sachant que Xavier précise bien écrire "sous contrôle" : sa lettre est biaisée par précaution.

Une source confidentielle, oui, un agent infiltré, non 


Dans la lettre (PDF), [...] Xavier Dupont de Ligonnès affirme qu’en 2003, il a été mis en contact avec la DEA, «avec des antennes dans plusieurs pays, qui cherchait un Français pouvant être infiltré dans le milieu des discothèques françaises, pour collecter des informations sur les réseaux de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, sans attirer l’attention». 

La DEA est bien présente à l’étranger, avec 83 bureaux dans 63 pays, dont la France. Et l’agence a tout à fait le droit et la capacité de travailler avec des informateurs étrangers dans ces différents pays, tant que les autorités locales sont strictement tenues au courant. 

Elle collabore avec son équivalent étranger, et des organisations internationales ou européennes, comme Europol et Interpol, sont également là pour promouvoir la coopération policière entre différents pays. 

Mais Xavier Dupont de Ligonnès ne peut pas être un «infiltré», car les infiltrés de la DEA sont des citoyens américains, agents de l’organisation, qui ont été engagés et ont suivi 17 semaines de cours intensifs à Quantico, en Virginie occidentale, dans le même centre d’entraînement que le FBI. 

Les agents y suivent des cours de droit, apprennent à mener des raids, à conduire sans se faire repérer, et on leur enseigne également des techniques d’infiltration. Ils choisissent ensuite de se spécialiser dans un domaine, et commencent leur travail dans un bureau américain (ils ne peuvent pas partir à l’étranger tout de suite). 

Contrairement à ce que l’on voit dans les films, les agents infiltrés ne restent pas sous couverture de manière continue pendant des mois. La version de Xavier de Ligonnès, travaillant pendant des mois dans le milieu des boîtes de nuit n’est donc pas réaliste [revoir supra]. Dans la «vraie vie», les infiltrés ne jouent leur rôle qu’à trois ou quatre occasions précises, après avoir été «présentés» par un informateur. 

De plus, un agent infiltré ne peut pas être un civil. En tant que civil et français, Xavier Dupont de Ligonnès aurait pu être une source confidentielle, également appelé «informateur» ou «aviseur». Mais là encore, il ne colle pas au profil type [il n’existe aucun profil type, par définition] : la plupart du temps, ce sont les sources confidentielles qui contactent la DEA, et pas le contraire [il y a donc des exceptions, et rien n’indique que Xavier n’ait pas posé de lui-même une candidature]. 

Ces gens veulent devenir des informateurs parce qu’ils ont besoin d’argent, parce qu’ils veulent se venger de quelqu’un ou d’une organisation, ou parce qu’ils veulent obtenir une réduction de peine.

Dans sa lettre, [...] Ligonnès explique qu’il s’est mis à travailler pour la DEA «après avoir été testé et briefé» et «avec obligation de garder le secret (même, et surtout, vis-à-vis des enfants.)», précisant que cela lui permettait «d’arrondir nos fins de mois (officieusement)».

Les sources confidentielles sont bien briefées et débriefées régulièrement, (et si la source vit en France, la brigade des stups françaises sera au courant voire sera là pour les différentes sessions). Avant d’inscrire une personne comme source confidentielle – elle devient alors simplement un numéro, son identité n’étant connue que de l’agent qui la gère – la DEA vérifie ses antécédents. En guise de «test», l’agence peut par exemple interroger quelqu’un sur son casier judiciaire, puis le vérifier. Si la personne a menti, elle ne sera probablement pas une bonne source.

Xavier a un casier judiciaire vierge, et est, pour ceux qui le connaissent, un homme de parole.

L’agence peut aussi faire passer quelqu’un au détecteur de mensonge, mais cela arrive rarement. Il n’est d’ailleurs pas rare que les services de renseignement refusent l’aide d’une source confidentielle, parce qu’elles ne sont pas sûres de sa fiabilité.

Xavier est quelqu’un de fiable, selon tous ses proches et amis.

Les sources confidentielles peuvent tout à fait dévoiler leur occupation à leur famille. Le moins de gens sont au courant, le mieux c’est, mais l’agence préfère par exemple qu’un informateur prévienne sa femme plutôt que celle-ci pense qu’il la trompe quand il est en fait en train d’aider le DEA. Même chose pour les agents infiltrés : leurs époux et épouses savent qu’ils sont agents infiltrés, mais pas les détails des opérations auxquelles ils vont participer.

Nous avons tout lieu de penser qu’Agnès était au courant. D’où ses inquiétudes pour Xavier, exprimées de façon biaisées au fil des années. Par exemple : 
· Le mythe de l’héritage dilapidé (voyage familial de plusieurs mois aux Etats-Unis, à plusieurs reprises, train de vie relativement confortable de la famille, etc... Et ce toujours d'un commun accord) ;
· Le mythe de la belle-mère gourou (Agnès répétait et amplifiait les rumeurs familiales, mais acceptait de bon gré l’aide de sa belle-mère, et il n’y avait aucun différend déclaré entre elles) ;
En réalité, Agnès craignait bien autre chose, pour Xavier, en plus de la précarité de sa situation professionnelle : ce qu’elle a fini par confier, plus ou moins explicitement, aux quelques amies auxquelles elle a parlé de menaces.

Quant à «arrondir ses fins de mois», il y a très peu de chances qu’un informateur soit payé de manière régulière : les sources confidentielles sont payées pour les informations qu’elles rapportent. Si elles n’en rapportent pas, elles ne sont pas payées, et elles sont payées après coup, en fonction de la qualité de l’information.

D’où le caractère aléatoire du gain, et les difficultés financières que l’on sait.

En revanche, une source pourrait être payée tous les mois dans le cas, rare, où elle devrait se déplacer dans une nouvelle ville et payer le loyer d’un nouvel appartement et l’essence de sa voiture.

D’après la DEA, rien ne serait «officieux» puisque, si l’argent est normalement fourni en cash, il est déclaré par l’agence et imposable.

Autrement dit la transparence serait totale ? … Hum !

Un témoin protégé oui, mais pas par le «Witsec» 


La lettre explique ensuite qu’avec toutes les informations collectées, Xavier Dupont de Ligonnès est devenu «un témoin essentiel dans un futur procès impliquant des hauts responsables du trafic de drogue international», procès devant se tenir aux Etats-Unis à une date indéterminée. Et que, comme il a été «repéré», il a été engagé dans le «programme fédéral de protection des témoins», d’où son départ précipité aux Etats-Unis.

La DEA peut en effet demander à ce qu’une personne soit intégrée dans le Witsec, le programme fédéral de protection des témoins, même si c’est à l’agence de police fédérale des Marshals, en charge du programme, de prendre la décision finale.

Et, oui, si un non-Américain faisait partie du programme (ce qui est rare, mais possible, et est déjà arrivé avec des Colombiens par exemple), il serait probablement protégé aux Etats-Unis. Le DEA devrait faire entrer l’individu aux Etats-Unis sous son vrai nom et avec un visa en bonne et due forme, avant de pouvoir l’inclure dans le Witsec et changer son identité.

Mais de toute façon, une personne ne peut faire partie du Witsec avant son témoignage: le programme ne protège que les gens qui ont déjà témoigné lors d’un procès et dont la vie est sérieusement menacée après ce procès.

Une source confidentielle peut être amenée à témoigner lors d’un procès, si elle l’accepte, ce qui signifie qu’elle perd son anonymat et peut potentiellement mettre sa vie en jeu. Avant le procès et son témoignage, elle peut alors être protégée par des agents de la DEA ou d’une autre force de police, qui la cacheront elle et sa famille dans une chambre d’hôtel en leur interdisant toute communication vers l’extérieur, mais pas par le Witsec.

Plus de Facebook...

Dans tous les cas, un individu peut décider de ne pas bénéficier de la protection du Witsec, ou d’arrêter d’en bénéficier.

L’arrêt de toutes les communications (y compris cette lettre !) 


Revoir supra. Cette lettre est envoyée avant l'exfiltration.

[...] Xavier Dupont de Ligonnès affirme que son courrier «est le seul autorisé [...] et il est écrit sous contrôle». Il précise que le Witsec signifie l’arrêt immédiat de toutes communications électroniques, avec interdiction de Facebook et autres, un départ soudain et précipité en grand secret sans avoir pu tout régler. Et affirme qu’au bout d’un certain temps, la famille aura le droit de transmettre des courriers à une personne de la famille, qui les communiquera au reste.

Encore une fois, cette version n’est pas «réaliste» [revoir supra]. En rentrant dans le Witsec, les témoins protégés «disparaissent» de la surface de la Terre [« nous n'existerons plus en tant que français »] : ils n’ont plus le droit de communiquer avec leur ancienne vie, ni par lettre, ni par email. Rien, même pas un «courrier autorisé écrit sous contrôle». Et si un protégé communiquait avec sa famille ou ses amis, il pourrait tout simplement être abandonné par le programme.


D'après l'article de SLATE – Publié le 06 mai 2011
Par Margherita Nasi et Cécile Dehesdin

L’explication remercie Patrick Espagnol, délégué national à la lutte contre le trafic de drogue, 
et Michael Sanders, de la Drug Enforcement Agency.


CONCLUSION 


Article passionnant. 

Aurait-on dû s'attendre, de la part de la DEA (comme de tout autre service de police), à une réponse affirmative ? 
(Du style : "Monsieur Dupont est bien des nôtres, et ils sont tous cachés à tel endroit..." )

Un français lambda, Monsieur Dupont (...de Ligonnès en l'occurrence), peut parfaitement : 
  • devenir une source confidentielle, rémunérée de façon aléatoire, 
  • se retrouver en possession d’informations compromettantes pour certains, 
  • et de ce fait recevoir de lourdes menaces, nécessitant son exfiltration en famille, assurée par l’U.S. Marshals, à la demande la DEA. Celle-ci étant bien présente en France. 

Sachant : 
  • qu’il n’y a justement pas de profil type pour être informateur, ou source confidentielle ; 
  • qu’il faut être jugé fiable par les services compétents, être prêt à tout quitter du jour au lendemain : avoir de la force de caractère, ce dont Xavier, et Agnès aussi, ont toujours fait preuve dans les situations graves. Expatriation que Xavier comme Agnès avait envisagée de longue date, ayant posé dans le passé des jalons pour s’installer définitivement outre-Atlantique, et changer de style de vie radicalement. 

En conséquence, les éléments de cet article ne font que confirmer la lettre de Xavier et Agnès.





mardi 27 novembre 2012

Petits camouflages familiaux…




… en faisceau, destinés à masquer les préparatifs de départ en famille (liste non exhaustive). A situation extraordinaire, mesures extraordinaires également ; non ?

  • Le weekend du 2 au 3 avril, Arthur annonce à plusieurs personnes, ne pas être disponible en raison d’une réunion de famille (sic), qui se prolonge le dimanche soir. Pour une soirée cinéma et restaurant en famille, la formulation est exagérée ; elle cache quelque chose.
  • Le dimanche 3 avril, avant de repartir pour Angers, Thomas prétexte que son père se repose : à la mère d'une amie qu'il devait voir pour une commission, il demande de ne pas sonner ; elle ne rentre pas dans la maison et ils se rencontrent donc dans la rue, sur le trottoir.
  • Ce même jour, Anne répond au téléphone et prétexte que ses parents sont partis en weekend, alors qu’ils sont bien là tous les deux. 
  • Le 4 avril, Arthur envoie une lettre de démission manuscrite à son employeur,  dans laquelle il explique qu'il ne viendra plus travailler car il part avec sa famille pour l'Australie.
  • Le 5 avril, Xavier va prétexter un accident de vélo d’Agnès, avec un « petit coma », que Thomas, rentré chez lui, ne démentira pas auprès de ses amis. Or Agnès n’a rien : elle répond à un sms de Thomas (si c’était Xavier, il se serait bien gardé de répondre puisqu’elle est censée être inconsciente ! D’ailleurs il est en conversion téléphonique à ce moment précis), et elle sera vue devant chez elle, dans l’après-midi du 7 avril
  • Le 6 avril, Emmanuel, ami d'enfance de Xavier, reçoit un sms laconique en provenance du téléphone de Xavier, mais dont il ne reconnaît pas le style : sms probablement écrit par Agnès, en bonne collaboratrice.
  • Le 8 avril après-midi Agnès va à son tour prétexter qu’Arthur s’est absenté pour un déménagement à Versailles, et qu’il a oublié son chargeur, afin d’expliquer son absence à ses amis. 
  • Cette même semaine Agnès prétexte parallèlement un accident de scooter auprès d'autres personnes pour justifier l'absence prolongée d'Arthur.
  • Sans compter l'affichette confectionnée par Agnès et fixée sur la porte d'entrée en milieu de semaine, prétextant qu'ils soient tous malades - avec un smiley...
  • A trois reprises, c'est la même excuse qui est avancée pour expliquer le silence radio : problème de batterie ou de chargeur oublié. Deux destinataires ne reconnaissent pas le style de Xavier ni de Thomas, dans les messages censés être écrits par eux ; en revanche le troisième reconnaît bien le style d'Agnès. Ce qui est dans la logique d'une répartition des tâches entre Xavier et Agnès, dans les conditions de leur départ précipité.
  • Le 11 avril l'on s'aperçoit que la messagerie d'Anne a été modifiée et que c'est Agnès qui a enregistré le message d'accueil, avec une voix "toute guillerette" (sic).




Conclusion :

Nous sommes en présence d’une série de petits mensonges familiaux, destinés à donner le change et tenir les amis éloignés, de façon à pouvoir mener à bien les différents points à régler, en secret et sans grande marge de manœuvre – dans la discrétion.

Si Agnès se fait passer pour Xavier ou les enfants, par sms, et si les profils Facebook de ces derniers sont silencieux depuis le début de la semaine, c’est simplement parce que les enfants sont déjà partis, et qu’ils n’y ont plus d’accès, par mesure de prudence.

Selon Le Parisien du 22 avril 2011, « le gérant d'un café situé à proximité de la maison [...] a relaté avoir aperçu [...] Agnès Dupont de Ligonnès, accompagnée de Benoît et d'Anne, les deux plus jeunes enfants du couple, monter dans une Golf cabriolet avant de partir dans une direction ignorée ».

Selon le hors-série du Parisien, Février-Mars 2013, page 10, « un voisin se souvient avoir vu dans l'après-midi Agnès [...] avec sa fille et les chiens, puis Xavier, le jeudi 7 avril dans l'après-midi, en short, T-shirt et chaussures bateaux, en train de faire des allers et retours entre la maison et sa voiture, garée de l'autre côté de la rue pour la charger de gros cabas de supermarché ».

...Facebook et les téléphones portables ne sont pas non plus des appareils d’ « occimétrie ».

Bien sûr, il est toujours possible de nier ces différentes données, convergentes là encore : elles n’en existent pas moins. Et ne font qu’étayer la lettre de départ.

Mis à jour le 23 février 2013


Voir aussi la CHRONOLOGIE succincte.


lundi 26 novembre 2012

Gags...


Un article amusant, signé Damien Delseny et Thibault Raisse, est paru le dimanche 25 novembre dans Le Parisien. 

De nouvelles recherches devraient être lancées autour de Roquebrune, Draguignan et Lorgues, mais, selon cet article du Parisien « le littoral, lui, devrait être exclu, plusieurs proches ayant insisté sur la phobie de l’eau du meurtrier présumé »… 

Il paraît maintenant que Xavier aurait la phobie de l’eau… (Voudrait-on faire là une allusion au symptôme de la rage ? Voilà en tout cas un mobile qui n’avait pas encore été envisagé jusqu'à présent !)




Le dernier paragraphe ne nous laisse pas moins songeurs : 

« Pourtant, un élément continue de troubler les enquêteurs : les bijoux de valeur que possédait son épouse, Agnès, ont mystérieusement disparu. « La famille les a réclamés, et l’on s’est aperçu qu’ils étaient manquants », relève une source judiciaire. Un butin qui aurait pu permettre à Xavier de Ligonnès de financer, un temps au moins, une éventuelle cavale. Les policiers ont ainsi fait le tour des revendeurs d’or de la région nantaise pour vérifier que le suspect insaisissable n’a pas échangé les précieux métaux contre de l’argent liquide. Nouvel échec, mais cette découverte laisse ouverte la thèse d’une fuite. D’autant qu’à ce jour une analyse poussée de ses comptes bancaires sur plusieurs années n’a pas permis de révéler l’existence d’une réserve de fonds cachée. » 

Chacun des proches connaît l’histoire de la disparition des bijoux d’Agnès, remontant à 2005… 

Encore une baudruche… Et décidément, les sources judiciaires et enquêteurs ont bon dos.

Jusques à quand ?


vendredi 9 novembre 2012

Témoignage d’Emmanuel, ami d’enfance.




Après la mère et la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès, c'est au tour de son meilleur ami, Emmanuel, de faire part de ses doutes en soulevant les nombreuses zones d'ombre de l'enquête. 

Cette semaine [début octobre 2011], la mère et la sœur du suspect numéro un ont à nouveau clamé son innocence. Dans le dossier d’instruction, elles ont découvert qu’Agnès avait confié à des amies que sa famille faisait l’objet de lourdes menaces

Ce dimanche [15 octobre 2011], un nouveau témoignage vient remettre en cause la thèse privilégiée par la justice. Emmanuel, le meilleur ami de l’homme "le plus recherché de France" a confié ses doutes au "Journal du dimanche" : « Tout le monde évoque deux hypothèses: cavale ou suicide. Je ne vais pas jusqu’à affirmer qu’il est innocent, mais j’ai de gros doutes. Si on en revient à la lettre qu’il m’a envoyée, il disait travailler pour la DEA (Drug Enforcement Administration), une sorte de brigade des stups américaine. Après tout, la DEA existe, les exfiltrations aussi ». 

« Quand je l’ai reçue le 9 avril, cela a été une tornade. Je l’ai lue, relue, je n’en revenais pas. Je suis allé voir chez lui. Tout le monde avait disparu. Il y avait un Post-it, avec les clés de la cave. Je n’ai pas reconnu l’écriture de Xavier. J’y suis descendu, la peur au ventre. Mais je n’ai rien vu d’alarmant. Comme cela accréditait la thèse de l’exfiltration, je n’ai pas prévenu la police. J’ai pris les papiers administratifs comme me le demandait la lettre : résiliation du bail, du contrat de téléphone… J’ai posé cela chez moi. » 

Ce quinquagénaire considérait Xavier comme son frère. Il le connaissait depuis trente-sept ans, fut son témoin de mariage et est le parrain de son fils Thomas. Emmanuel démonte un à un les principaux indices qui accusent son ami : « Si Xavier s’est inscrit aux cours de tir, c’est parce que j’y allais moi-même, assure-t-il. Il avait hérité du 22 long rifle de son père. C’était un bon tireur. Mais cela n’a rien à voir. Pour tirer à bout portant, nul besoin de prendre des cours. Quant au silencieux, Xavier avait aménagé un terrain de tir dans son jardin, et il ne voulait pas déranger les voisins. Concernant la chaux, comme le souligne sa sœur, il en a acheté 40 kilos, cela ne suffit pas pour faire disparaître cinq corps et deux chiens. » 

Emmanuel se demande aussi comment le père de famille aurait pu faire cela tout seul. « Je connais bien sa maison. Les fosses étaient situées sous une terrasse qui doit faire 1,10 mètre de hauteur. Pour creuser, il fallait être courbé en deux. Or Xavier avait en permanence mal aux lombaires, note-t-il. Quand il prenait la route, il était obligé de mettre un coussin. » 

Selon lui, les problèmes financiers de la famille ne peuvent pas non plus constituer un mobile. « Ses problèmes d’argent ne dataient pas d’hier. Je l’ai aidé financièrement à plusieurs reprises, en lui prêtant jusqu’à 5000 euros, raconte-t-il. Mais il me remboursait. Xavier s’est toujours occupé de sa famille, il était très proche de ses enfants. On ne tue pas les siens quand on a des gens autour, capables de vous aider. » 

Pour ce qui est de la découverte d'une maîtresse que Xavier aurait menacée [rumeur journalistique : la lettre, nous avons pu le vérifier, ne contient pas de menaces], Emmanuel reconnait qu'il était au courant « qu’il voyait quelqu’un ». Quant aux problèmes conjugaux : « Dans son couple, il y a sûrement eu des dissensions. Mais Xavier n’a jamais eu de haine, affirme-t-il. La dernière fois que je l’ai vu avec Agnès, c’était le 11 mars au restaurant. On était une dizaine pour fêter mon anniversaire. Ils étaient tout à fait normaux. » 

« La dernière fois [que j’ai vu Xavier], c’était le 1er avril, au stand de tir. Il m’a semblé tout à fait normal. Le 6 avril, il m’a envoyé un SMS : "Merde. Pb de chargeur. Suis en route mais plus de pile. À demain au tél. Ou sur mail plus tard. Kiss". Cela provenait de son téléphone. Mais je n’ai pas reconnu son langage. Quelqu’un d’autre a pu envoyer ce message. D’ailleurs, je l’ai fait lire à la PJ. Le 9 avril, certains des enfants devaient faire leur baptême de tir. Je le leur avais offert. Mais peu de temps avant, Xavier m’a demandé de prévenir l’instructeur : "Tu m’excuseras auprès de lui, on ne pourra pas venir le 9". » 

En outre, le fait que le fugitif ait séjourné, après l'assassinat présumé, dans un hôtel de luxe ne constitue pas une preuve selon lui. « Le fait que Xavier descende dans un 5-étoiles n’a rien d’anormal, cela faisait partie de son travail auprès des grands hôtels. Ensuite, sa décontraction peut témoigner du fait qu’il était soulagé, qu’il croyait avoir mis sa famille à l’abri. On en revient à la thèse d’une infiltration dans le 'milieu'. Xavier a toujours été absolument hostile à la drogue. » 

Les souvenirs fusent et continuent d'accroître le doute en lui : « Il me revient quelque chose, ajoute-t-il à la fin de l'interview. Mon filleul Thomas me donnait souvent un coup de main en échange d’un peu d’argent de poche. Quelques jours avant leur disparition, Xavier m’a demandé si, cette fois, ce pouvait être son fils Arthur, qui en avait aussi besoin. Est-ce qu’un père qui s’apprête à éliminer ses enfants se préoccupe de leur argent de poche ? », s'interroge-t-il.

« La police judiciaire m’a beaucoup interrogé en tant que témoin majeur. Je me suis plongé dans les annales de la police. Il y a déjà eu des massacres de familles : les Flactif, les Romand… Mais mon ami n’est pas un mythomane. » 

Concernant les menaces pesant sur la famille dont Agnès aurait fait part à quelques amies : « Je n’étais pas au courant mais c’est possible. Moi, j’étais surtout ami avec son mari. » 

Mais Xavier Ronsin, le procureur de la République de Nantes, reste pour sa part sur son idée : « Je comprends la douleur et le désarroi de la mère et de la sœur », déclare-t-il au JDD. « J’admets aussi que ces cinq assassinats puissent entraîner chez elles un état de confusion psychologique et un déni de la réalité. Il y a bien des gens qui pensent encore que le 11-Septembre n’a jamais existé… Mais sur les récentes pseudo-révélations, je rappelle qu’il n’existe qu’un seul dossier. Des femmes qui étaient des amies d’Agnès l’ont vue tracassée. Mais entre être inquiète parce qu’il y a des dettes ou que son couple va mal et des menaces de mort, il y a un pas énorme. » 

Ces menaces figurent pourtant au dossier, sur deux procès-verbaux concordants : à la demande de Maître Goldenstein, le juge d’instruction a réentendu les témoins. 

D’après Le JDD – Marie Quenet, 15 octobre 2011 
et Paris-Match – M.D., 16 octobre 2011 


A la lecture de cette page, réalisée à partir d'articles réactualisés en novembre 2012, Emmanuel nous donne sa pleine approbation.


Merci à Emmanuel pour cette photo de 1982





Lire aussi : MENACES et CHRONOLOGIE succincte.

Sur la véritable personnalité de Xavier : 
"Le vrai Xavier - 1", "le vrai xavier - 2", "le vrai Xavier - 3", "le vrai Xavier - 4", "le vrai Xavier - 5".


Publié le 9 novembre 2012, anniversaire d'Agnès.

MENACES



Xavier et Agnès avaient reçu des menaces.
Quoi d'invraisemblable, dans le cadre d'une collaboration policière ?


Témoignages d'amies d'Agnès :


1 · « J'ai vu Agnès pour la dernière fois le 31 mars 2011. Elle nous a quitté rapidement ce jour-là, car elle n'était pas bien, elle semblait très préoccupée […].
A cette occasion je me souviens qu'Agnès nous avait fait part de craintes, et qu'elle se sentait menacée. Elle nous demandait de prier pour elle-même et pour toute sa famille. Elle nous recommandait de prier surtout pour Xavier car elle craignait pour lui. Vous dire pourquoi je ne le saurais, j'ai dans un premier temps pensé qu'il rencontrait des difficultés professionnelles. Agnès nous fait ces confidences depuis plusieurs mois. Je signale que ces craintes qu'elle avait semblaient être plus vives depuis deux à trois mois. […]
Je signale qu'Agnès a changé au cours de ces deux derniers mois son adresse électronique ainsi que son numéro de téléphone portable. De mémoire, elle avait fait cela car elle se sentait toujours sous le coup de ces menaces, menaces qu'elle ne précisait jamais véritablement et que je ne pourrais vous identifier. On avait l'impression qu'elle souhaitait couper les ponts avec quelque chose ou bien quelqu'un. »

2 · « Nous avons échangé [...] pour la dernière fois le 31 mars 2011 [...]. Lors de cette dernière réunion, j'ai trouvé Agnès très anxieuse, elle avait "un poids sur le cœur", et elle a évoqué des menaces la concernant ainsi que son mari Xavier. Agnès a quitté rapidement l'assemblée ce jour-là. […]
Véritablement elle craignait pour son mari Xavier, en parlant de "lourdes menaces". La famille d'Agnès me paraissait soudée, unie avec Agnès comme une maman aimante. » 


Interview de Geneviève Dupont de Ligonnès sur RTL, le 12 octobre 2011 :


« Pour commencer j’aimerais dire que je crois fermement en l’innocence de mon fils, je ne reviendrai pas là-dessus, j’ai la ferme conviction qu’il est innocent. Il y a beaucoup de chose qui viennent me confirmer cette conviction, et la rendent absolument inébranlable. Mon fils n’est pas responsable de cette chose horrible [c.à.d. cette sinistre affaire], il n’a aucun motif. Ça ne correspond absolument pas à sa personne il aime énormément ses enfants et il est très attaché à sa femme et à sa famille par conséquent je ne vois aucune raison pour qu’il ait commis une chose pareille.
J’ai quand même découvert dans le dossier qu’il y avait eu de graves menaces contre la famille, ma belle-fille en était très inquiète, elle s’en est ouverte auprès de quelques amis, il y avait de "lourdes menaces", que l’on peut traduire par menaces de mort, qui se sont intensifiées à tel point qu’elle a dû changer de numéro de téléphone, changer son adresse internet...
Et c’est suffisant pour éclairer d’un éclairage nouveau la lettre qui a été envoyée aux amis et surtout, j’en ai reçu une et ma fille également, personnelle que j’ai parfaitement reconnue comme étant de Xavier. »


Démenti du procureur de la république de Nantes, M. Xavier Ronsin, le 12 octobre 2011 :


« De nouvelles allégations fantaisistes rapportées récemment par certains médias qui n'ont pas pris la précaution avant de les diffuser d'interroger l'autorité judiciaire, m'obligent à apporter les précisions suivantes :

S'il peut être humainement compréhensible que la parentèle de Xavier Dupont de Ligonnès ne veuille pas admettre le caractère pourtant incontestable des multiples éléments objectifs du dossier établi par la police judiciaire de Nantes, qu'elle reste convaincue de son innocence et espère qu'il soit toujours vivant, pour autant il est totalement inexact d'affirmer, comme la mère de l'intéressé le soutiendrait :

« J'ai quand même découvert dans le dossier qu'il y avait eu de graves menaces contre la famille [...]. Il y avait de "lourdes menaces", que l'on peut traduire par menaces de mort, qui se sont intensifiées à tel point [que ma belle-fille] a dû changer de numéro de téléphone, changer son adresse Internet »

Rien dans le dossier d'instruction détenu par le magistrat instructeur M. Robert Tchalian et la police judiciaire de Nantes ne permet d'étayer cette affabulation de "graves menaces" voire de "menaces de mort intensifiées" [...]. »


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Étonnant démenti de la part du procureur M. Xavier Ronsin : pourquoi une réaction aussi vive, disproportionnée, diffamatoire - et surtout gravement inexacte - alors que la notion de menaces revient cinq fois, sur deux procès-verbaux concordants ?
Serait-on en présence d'un phénomène de déni ?

A la demande de notre avocat, les deux amies d'Agnès ont été ré-entendues, séparément, par le juge d'instruction en janvier 2012, après neuf mois de lavage de cerveau médiatique :

1 · La première s'est rétractée : selon elle, Agnès craignait sa belle-mère. Elle se dit très surprise de relire ce qu'elle a déclaré neuf mois plus tôt à la police au sujet des menaces.

2 · L'autre, en revanche, celle qui avait évoqué de "lourdes menaces", maintient cette notion de menaces : elle précise que cela n'est arrivé qu'une fois, au cours de la dernière réunion à laquelle elle a participé, le 31 mars 2011. Selon elle, Agnès a demandé de prier pour elle car elle ou sa famille avait reçu des menaces : « A la réflexion, il me semble qu'elle a parlé d'elle et de son mari. Elle n'a pas apporté d'autres précisions quant à ces menaces. On ne l'a pas questionnée. De plus, elle est partie très rapidement étant très pressée ce jour-là. » Elle précise encore que c'était la première et unique fois qu'Agnès faisait état de menaces.
A posteriori cette amie d'Agnès a aussi réinterprété les menaces reçues comme une crainte d'Agnès envers sa belle-mère.

Pour nous intimes, qui connaissons bien leurs relations, cette interprétation n'est pas fondée.
Certes il y avait des opinions religieuses différentes entre elles, depuis de nombreuses années, mais aucun prosélytisme ni chantage affectif. Aucune espèce de tension. Un modus vivendi courtois s'était établi d'un commun accord.
Agnès avait accepté à plusieurs reprises une aide financière de sa belle-mère (chèques endossés par Agnès, et figurant au dossier), et ce sur plusieurs années, jusqu'en janvier 2011 compris ; aide financière pour laquelle elle avait chaleureusement remercié directement, en texto, et lors de sa dernière visite à Versailles avec Xavier, Anne et Benoît, début 2011.
A titre d'anecdote, Agnès faisait suivre à Christine, par sms, des offres promotionnelles sur produits de beauté, ou forfaits de téléphonie, par exemple... L'aurait-elle fait si Christine était réellement sa bête noire ?

L'opposition belle-mère / belle-fille n'est qu'un mythe de plus dans cette affaire, selon le principe du bouc émissaire bien commode.


Témoignage d'une troisième amie d'Agnès :

Il ne manque pas d'intérêt :

« Habituellement Agnès nous demandait de prier pour son mari qu'elle souhaitait plus proche de la religion et également pour sa belle-mère et sa belle-soeur qui selon elle faisaient partie d'une secte. Je précise néanmoins qu'Agnès ne m'a pas donné l'impression de craindre quoi que ce soit de cette secte dont j'ignore tout. […] C'est Agnès qui citait le mot de secte quant à moi je serai prudente, j'ignore s'il s'agit vraiment d'une secte. Je ne peux rien vous dire de plus. »


Interview de Geneviève Dupont de Ligonnès sur RTL, le 12 octobre 2011 :

On a beaucoup parlé de la foi de Xavier... c’était quelqu’un de très croyant ?
« Il avait de très bonnes bases, il a été élevé dans une famille catholique. De mon côté ce grand départ [exfiltration familiale], ce traumatisme, tout ça je le supporte grâce à ma foi. »

En tout cas vous rejetez les assimilations à groupe sectaire...
« Oui, ça non seulement je rejette mais je trouve que c’est complètement ridicule. Il n'y a pas l’ombre d’une secte ni d’un groupe de prière, personne ne vient chez moi se rassembler pour faire des prières... Non ça ne correspond pas du tout du tout à mon profil. »


Recoupement personnel:


Nous avons eu l'occasion de parler de vive voix avec une quatrième amie d'Agnès.
Elle nous a confié que la dernière fois qu'elle l'avait vue à l'extérieur, le dimanche 3 avril, Agnès était préoccupée, et s’était retournée plusieurs fois pour regarder derrière elle, comme si elle craignait quelque chose.




Déclaration de M. Xavier Ronsin au Journal du Dimanche :


« Je comprends la douleur et le désarroi de la mère et de la sœur », déclare-t-il au JDD. « J’admets aussi que ces cinq assassinats puissent entraîner chez elles un état de confusion psychologique et un déni de la réalité. Il y a bien des gens qui pensent encore que le 11-Septembre n’a jamais existé… Mais sur les récentes pseudo-révélations, je rappelle qu’il n’existe qu’un seul dossier. Des femmes qui étaient des amies d’Agnès l’ont vue tracassée. Mais entre être inquiète parce qu’il y a des dettes ou que son couple va mal et des menaces de mort, il y a un pas énorme. »
JDD - Marie Quenet - 15 octobre 2011

Il faut donc croire que M. Xavier Ronsin n'a pas beaucoup parcouru le dossier : les menaces se retrouvent bien dans les témoignages des amies d'Agnès, menaces qui concernaient Xavier et Agnès. Selon ses amies, l'inquiétude d'Agnès était liée à ces menaces reçues, et non pas aux dettes d'argent ou aux problèmes de couple.


Conclusion :


Nous persistons.
Une bonne dose de mythes dans cette affaire, certes...
En revanche, mises en perspective avec la lettre de Xavier et Agnès, les menaces reçues, à nos yeux, n'ont rien d'un mythe.


Lire aussi la CHRONOLOGIE succincte.

Mis à jour le 23 février 2013

jeudi 8 novembre 2012

Le vrai Xavier - 2




Contrairement à l’image créée de toutes pièces par certains médias, le vrai Xavier ne correspond pas au personnage narcissique, mythomane, très soucieux de son apparence vis-à-vis des siens, etc…, qui a été véhiculé à l’envi depuis dix-huit mois. 

Le dossier ne nous a rien dévoilé que nous ne sachions déjà, en tant que proches, amis ou intimes. Aucune façade narcissique. Aucune comparaison possible avec un Romand, par exemple. En revanche, une constante du dossier est l’éloge convergent que font de lui les personnes le connaissant à un titre ou un autre ; et leur surprise systématique devant les faits qu’on lui impute, et qui sont aux antipodes de sa personnalité. 


Pour nous ses proches, qui l’avons toujours connu serviable et attentionné, discret autant que sociable, Xavier se reconnait de façon remarquable dans le profil psychologique de l’hypophysaire, tel que décrit par le Docteur Jean Gautier : 

[…] Il est exact, ponctuel, traditionnaliste. Sa parole est aisée et abondante. Il est sobre de geste. Il dit vrai et ne veut pas convaincre par la mimique mais par des raisonnements. Il est comme concentré dans sa pensée, qui est profonde, et se déroule de façon logique. Ses idées se déduisent les unes des autres. Sa déduction est nette, claire, précise. Il ne se perd pas dans les détails. Les idées importantes et de valeur dominent son esprit. Il considère rarement le côté artistique des choses, qui a pour lui peu d’intérêt. Sa mémoire est excellente et fidèle. Il réfléchit longuement ; il envisage les problèmes avec sang-froid et résolution, prend sa décision et va vers son but. Les chiffres, les abstractions, les connaissances scientifiques solides et réelles constituent le fond de son intellect. Dans ses acquis, il y a de l’ordre et de la méthode. Il juge beaucoup mieux des abstractions que des êtres qui, par leur variété et leur variabilité, le déconcertent. Il n’est pas très bon psychologue, manquant un peu d’imagination et de sensibilité. Il est bien ancré dans ses convictions et dans ses idées qu’il défend avec opiniâtreté. Sa vie est généralement exempte d’aventures sentimentales ; il est plutôt constant et fidèle dans ses affections. Il a des amis pour lesquels il est excellent camarade et qu’il aide. Il n’est ni trop individualiste, ni trop personnel […]. Il ne se livre qu’à demi. Il est un peu froid, concentré en lui-même, peu liant, mais assez confiant dans les gens qu’il connaît bien. Il a le sens de l’honneur et du devoir

Il est ordonné, méthodique, aime le confort. Il apprécie les choses pour le bien-être qu’elles lui donnent, plus que pour leur beauté, cependant, il est collectionneur, plus pour la valeur et la rareté des objets que par compilation. Il est traditionnaliste et en même temps libéral. Il n’aime pas qu’on le contraigne, ne veut pas contraindre les autres, mais les persuader, car il les respecte. Il ne s’enthousiasme pas facilement, juge assez froidement de tout et avec une certaine lenteur. 

Il est entreprenant, audacieux, très consciencieux dans son travail. Il réfléchit longuement avant d’agir, mûrit son idée avec ténacité ; il y emploie toutes ses énergies jusqu’au succès. S’il échoue, il recommence, car il ne se laisse pas abattre facilement. L’hypophysaire a des qualités réelles et profondes […]. 

( D’après l’œuvre du Dr Jean Gautier ; en particulier son ouvrage :
« Dernières et nouvelles connaissances sur l’homme », Éditions Bière, 1948. )

« L'heure du crime... »


Mis à jour le 2 avril 2013


Sur internet, nous pouvons lire ceci : 

« …L'heure du crime est connue avec une relative exactitude, car Agnès souffrait d'apnée du sommeil : elle portait un appareil pendant la nuit et celui-ci a enregistré une activité anormale vers 3h du matin… D'après les enquêteurs, cela correspondrait à l'arrachage du masque… » 

Ou l'art de gonfler des baudruches.

Pour simple information, un appareil d’oxymétrie n’est pas un appareil d’occimétrie… 

Sur la base des données fournies par ce même appareil, et avec le type de raisonnement appliqué plus haut, il faudrait tirer comme conclusions que la semaine précédente, déjà, Agnès aurait été assassinée à plusieurs reprises, en pleine nuit, et jusqu’à deux fois au cours de la même nuit : au conditionnel, et avec toutes les précautions oratoires requises, bien sûr !

Les enquêteurs ont bon dos…

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Plus sérieusement, l'investigation a montré qu'Agnès ne se servait pas de cet appareil toutes les nuits ; le stoppait souvent avant la fin de la nuit. Et parfois ne l'utilisait que quelques heures.

De plus, si l'on réfléchit un tant soit peu sur le sujet, de deux choses l'une : ou bien on laisse en place le masque de l'appareil respiratoire au risque de le marquer de sang, voire de le détériorer, et dans ce cas on supprime tout et on ne s'avise pas de demander à ses amis de s'en occuper : « ...voici les différents dossiers pour les résiliations. Les deux plus embêtants sont Bouygues et la machine "anti-apnées du sommeil", car il faut demander comment rendre le matériel. » ; ou bien on retire le masque et on réveille la personne.

Il serait nettement préférable que les personnes qui ont le goût du sensationnel, mais qui n’ont pas accès légalement aux informations fiables du dossier, évitent de créer des rumeurs infondées, en propageant des erreurs aussi grossières. 

Par simple prudence élémentaire. 

A bon entendeur, salutations.


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Nota bene :

De notre place, ayant connaissance des témoignages convergents prouvant qu'Agnès est bien en vie après le 4 avril (au moins huit personnes), affirmer qu'elle soit morte la nuit du 3 au 4, comme d'aucuns le font (par ignorance du sujet), relèverait du négationnisme : ce dont nous ne voudrions en aucun cas nous rendre coupables.

Lire aussi la CHRONOLOGIE succincte.


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L’heure du crime


Minuit. Voici l’heure du crime.
Sortant d’une chambre voisine,
Un homme surgit dans le noir.

Il ôte ses souliers,
S’approche de l’armoire
Sur la pointe des pieds
Et saisit un couteau

Dont l’acier luit, bien aiguisé.
Puis, masquant ses yeux de fouine
Avec un pan de son manteau,
Il pénètre dans la cuisine

Et, d’un seul coup, comme un bourreau
Avant que ne crie la victime,
Ouvre le coeur d’un artichaut.

Maurice Carême







Cuisine, en l'état, fin mars 2012.
Sous la table, la nappe qui apparaît dans les PV comme recouvrant la table,
 lors des dernières visites domiciliaires.






lundi 29 octobre 2012

Chiens


mis à jour le 20 mars 2013


Agnès sort tranquillement l'un de ses chiens le 7 avril, en fin d'après-midi, trois jours après la "mort officielle" de la famille (et des chiens...).

« Le 7 avril, j’ai vu Agnès promener son chien. On a parlé un peu. Puis j’ai écourté car j’avais un rendez-vous impératif. » Lors de son audition, les policiers n’ont pas cru [cette voisine] : « Ils m’ont répondu : ce n’est pas possible. Ils ont attrapé un calendrier et dit que cela devait être huit jours plus tôt. J’ai signé sans relire le PV. » 

(Contre-enquête sur l’énigme Ligonnès, Marie Quenet, envoyée spéciale à Nantes
Le Journal du Dimanche, dimanche 06 novembre 2011) 

D’après le dossier d’instruction, au moins huit personnes ont été en contact avec Agnès dans la semaine du 4 au 10 avril 2011 : certaines l’ont vue, d’autres l’ont eue au téléphone ; des voisins, des parents, des connaissances, ou encore des amis des enfants… Pourtant, officiellement, elle était déjà morte. Certains de ces témoins l'ont vue en compagnie d'un de leurs deux labradors.

Question : 
Les chiens auraient-ils laissé leurs jeunes maîtres être séquestrés et assassinés, sans réagir à une situation aussi anormale, sans percevoir la violence ambiante, sans les défendre, avec toute la violence de leur instinct animal ? Fameux challenge ! 

Sans oublier qu’un tel scénario, très irréaliste, impliquerait nécessairement la complicité de la mère de famille. Ce que nous excluons tout aussi radicalement que celle de Xavier : ils se sont toujours montrés bons parents tous les deux, affectueux et soucieux du bien de leurs quatre enfants. 

Question : 
Les chiens retrouvés sous la terrasse étaient-ils bien ceux d’origine ? 
Si oui, où et quand ont-ils été supprimés, et par qui ? Quand, et par qui, ont-ils été enterrés ? 

Sachant que les cadavres des deux chiens étaient nettement plus décomposés que les autres corps, dont la version officielle fait remonter la mort, par impossible, à la nuit du 3 au 4 avril. Et que la chaux a servi principalement pour eux. Quel intérêt ?


Une énigme supplémentaire parmi quelques autres…



mardi 16 octobre 2012

55 boulevard Schuman



INTERVIEW
Un an après le drame qui a secoué sa famille, Christine Dupont de Ligonnès, la sœur cadette de Xavier, a visité [le 28 mars] la [soi-disant] "maison du crime". Elle ne croit pas au suicide de son frère... ni à sa cavale. 

Un an s’est écoulé, Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable. L’homme soupçonné d’avoir tué sa femme et ses quatre enfants début avril 2011 à Nantes semble s’être volatilisé. [...]. "Ce n’est pas un dossier qui dort", affirme Yves Gambert, le procureur de la République adjoint de Nantes, mais "pour le moment, [il n’y a] pas d’élément décisif". [...]. 

Un an après le drame, comment allez-vous ? 
Nous allons bien, nous prenons les choses du bon côté. Avec un an de recul, rien ne me fait douter de l’innocence de Xavier. Je me suis rendue mercredi dans la maison où vivait mon frère, et cela n’a fait que confirmer ma conviction. 

Pourquoi prenez-vous la parole ? 
Pour réaffirmer que mon frère n’a pas supprimé sa famille. [...]. 

Vous êtes allée dans sa maison... 
Je voulais m’y rendre depuis longtemps. Aujourd’hui, la maison n’est plus sous scellés, les propriétaires souhaitent la vendre et le notaire a demandé aux ayants droit de venir prendre le mobilier. Nous y sommes allés en même temps que la famille d’Agnès. Il restait tout un bric-à-brac, des meubles, des vêtements, des affaires personnelles. J’ai récupéré des souvenirs affectifs : des dessins, quelques livres, des CD de musique américaine… Les Hodanger ont pris quelques meubles de famille. Les lits, les sacs de vêtements, [...] tout le reste ira à la déchetterie. [...]. 

Pourquoi teniez-vous à y aller ? 
Je venais surtout pour me faire une idée, pour imaginer ce qui avait pu se passer. On est resté une bonne heure, le temps de faire le tour, à l’intérieur et à l’extérieur. Cela m’a permis d’avoir une représentation exacte des lieux, des rapports familiaux… De voir les pancartes écrites par Agnès avec les smileys, les dessins d’enfants « pour papa » affichés dans la cave où travaillait Xavier, les petits mots sur le frigidaire. Cela ne ressemblait pas à un lieu de crime, mais à la maison d’une famille qui vivait en harmonie. 


Marie Quenet - Le Journal du Dimanche, samedi 31 mars 2012. 





Avant son départ, la famille avait laissé des instructions précises concernant la maison du 55 bd Schuman.

« Quand vous lirez ce courrier, nous " n'existerons plus " officiellement, en tant que Français ! [...]
Départ soudain et précipité, en grand secret, sans avoir pu tout régler 
Plus de contacts avec vous tous pendant un certain temps [...]. 
Nous comptons sur chacun de vous pour effectuer les tâches que nous vous avons assignées ci-dessous, en espérant ne pas avoir trop demandé à chacun d'entre vous : 
Nous savons que nous pouvons compter sur vous. [... suite] »



Photo Anne-Hélène Dorison - Presse Océan - 17 mai 2012


Alors qu'on vide [la] maison, ce 16 mai 2012, les déménageurs sont exaspérés d'avoir des journalistes dans les pieds. Nous leur expliquons alors combien le mystère emplit encore les lieux, à nos yeux. « Mais cette maison ne dégage rien, j'ai fait des déménagements où bien plus d'émotion se dégageait », s'exclame alors l'un d'eux.

Alexandra Turcat - AFP pour Nord-Eclair, dimanche 22 juillet 2012.
http://www.nordeclair.fr/France-Monde/France/2012/07/22/affaire-dupont-de-ligonnes-plus-d-un-an.shtml


Cette maison ne dégage rien... 
Et pour cause : en vérité, rien ne prouve qu'il y ait eu des assassinats au 55 boulevard Schuman. 
Bien au contraire.

C'est précisément la raison pour laquelle nous ne nous sommes pas opposés à la restitution de cette maison à ses propriétaires, suffisamment lésés par les conséquences du battage médiatique que l'on sait (avec des titres aussi fantastiques que "la maison de l'horreur", par exemple).


mercredi 12 septembre 2012

« Apocalypse, menace imminente ? »


Georges Fenech, ancien président de la Miviludes (*), vient de publier un livre traitant de l’apocalypse, et de ses récupérations par divers mouvements religieux et sectes : « Apocalypse menace imminente ? Les sectes en ébullition », Calman-Lévy, 2012. 

A la page 172, il aborde l’affaire dite de Nantes, dans les mêmes termes et avec les mêmes erreurs que lors des communications qu’il avait cru devoir faire à la presse en mai 2011. Après un an et demi, s’il respecte par précaution la présomption d’innocence au sujet de Xavier, au niveau de la forme, Georges Fenech, pourtant ancien juge d’instruction, n’a toujours pas pris le temps de vérifier la fiabilité des sources auprès desquelles il a obtenu des informations sur la mère de Xavier.



Quelques rectifications concernant les inexactitudes et contre vérités figurant dans les affirmations très approximatives de Georges Fenech s’avèrent nécessaires afin que chacun puisse se forger sa propre conviction sur des faits réels plutôt que sur des rumeurs : 
  • durant son enfance, Xavier a reçu une éducation catholique classique, et participait avec sa famille aux activités paroissiales ; 
  • Geneviève de Ligonnès n’a pas fondé de groupe de prière, n’a pas prédit de dates pour l’apocalypse, et n’a pas non plus organisé de replis dans des refuges en Bretagne ; 
  • à ce sujet, les dates de 1962 et 1999 sont de pures inventions ; et s’il y a bien eu une réunion organisée en Bretagne par des connaissances de Geneviève de Ligonnès en mars 1995, son but n’était pas l’attente de l’apocalypse, et surtout, Geneviève n’y était pas présente… La moindre des choses eut été de vérifier avant de l’affirmer. 
  • les références à Satan et à un « complot judéo-maçonnique » sont attribuées à tort à Geneviève de Ligonnès. Ces références proviennent d’un romancier-éditeur spécialisé dans la littérature occultiste et conspirationniste. Cet éditeur était le principal instigateur de la réunion de mars 1995 ; 
  • pour conclure, Georges Fenech se dit troublé par les messages à caractère apocalyptique que Xavier aurait envoyés sur Internet. Mais de quels messages s’agit-il ? Car les messages laissés par Xavier sur certains forums religieux comme Cité Catholique, n’ont pas de caractère apocalyptique. Dans ceux-ci Xavier fait part de sa perte de foi, de son parcours spirituel, et de ses critiques contre les croyances et l’argumentaire des catholiques. Où se trouve le caractère apocalyptique ? 

En conclusion, nous n’avons pas les compétences et les connaissances pour juger le reste du contenu du livre de Georges Fenech. Mais cette demi-page écrite sur un sujet que nous connaissons bien ne peut pas manquer de nous laisser perplexes quant à la rigueur des investigations de l’auteur sur l’ensemble de son œuvre. 

En effet, en plus de notre proximité avec l’affaire, nous avons pu retrouver dans le dossier d’instruction les documents et témoignages fallacieux dont Georges Fenech disposait, et constater en connaisseurs leur piètre fiabilité. Sources non vérifiées dont l’auteur s’est pourtant inspiré pour tracer ces lignes diffamatoires et calomnieuses, voire contradictoires : «…anciens adeptes, toujours sous emprise…» [sic] ; et qui tiennent plus du roman que de la réalité objective à laquelle le juge qu'il était aurait dû s’attacher. 

Mais peut être que pour ce dernier le plaisir de passer à la télévision prime sur la vérité qui séduit moins le profane


Addendum 02 octobre 2012 :

D'après une interview publiée ce jour par Le Point, Georges Fenech aurait "enquêté à Nantes dans le sillage de Dupont de Ligonnès"... Quel a donc été le résultat de ces investigations fouillées ? Dans tous les cas Georges Fenech semble ne pas s'en être beaucoup servi : dans le paragraphe qu'il consacre à l'affaire Ligonnès dans son livre, tout comme dans les interviews qu'il donne au Point, et précédemment au Figaro, il ne fait que paraphraser l'article du journaliste Thibaut Raisse, paru dans l'édition du Parisien du 28 novembre 2011. Sources identiques ou simple plagiat ?


* Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.




Pour simple information au sujet de l'apocalypse, au sens catholique du terme, qui signifie en grec révélation, ou dévoilement, et non catastrophe, suivent les articles du Catéchisme de l'Eglise Catholique traitant de l'eschatologie, c'est-à-dire des fins dernières, individuelles et universelles :


L’Épreuve ultime de l’Église :

  • 675 Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).
  • 676 Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (cf. DS 3839), surtout sous la forme politique d’un messianisme sécularisé, " intrinsèquement perverse " (cf. Pie XI, enc. " Divini Redemptoris " condamnant le " faux mysticisme " de cette " contrefaçon de la rédemption des humbles " ; GS 20-21).
  • 677 L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection (cf. Ap 19, 1-9). Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église (cf. Ap 13, 8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Ap 20, 7-10) qui fera descendre du Ciel son Épouse (cf. Ap 21, 2-4). Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier (cf. Ap 20, 12) après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe (cf. 2 P 3, 12-13).


Source: http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P1R.HTM


Voir aussi Mythes...



mardi 28 août 2012

Le vrai Xavier - 1




Le mystère de l'activité professionnelle de Xavier Dupont de Ligonnès s'éclaircit. Patrick * [l'] a très bien connu [...] . Entre 2003 et 2008, les deux hommes ont travaillé étroitement ensemble : Patrick, imprimeur de profession, comptait le père de famille parmi ses meilleurs clients. "Au début, on se voyait juste pour le boulot. Et puis on a sympathisé : on a souvent mangé ensemble, au restaurant, mais aussi chez moi.

À l'époque de leur rencontre, Xavier vient de reprendre la gestion de la Selref [...] L'entreprise avait "une activité réelle", souligne Patrick. "Le but de la Selref était de créer un réseau d'hôtels et de restaurants dans lesquels les représentants de commerce auraient droit à des avantages, détaille-t-il. Toute la journée, Xavier allait démarcher ces établissements, qu'il souhaitait lui-même tester. S'ils correspondaient aux critères, Xavier leur proposait alors d'intégrer le réseau, par le biais d'un formulaire que ma société imprimait. En contrepartie, l'établissement s'engageait à accorder une ristourne aux VRP membres. "

Sa grande passion : l'Amérique.

Le réseau prend la forme d'un site Internet, appelé la Route des Commerciaux. "C'était en fait le nom commercial de la Selref. Il s'agissait de la même société." L'établissement hôtelier qui souhaitait figurer dans l'annuaire devait verser une modique somme d'argent. De son côté, le VRP adhèrent s'acquittait également d'un faible montant, lui donnant accès à une carte de membre et aux avantages liés à celle-ci. Xavier [...] "y croyait très fort." [...]

De fait, les factures de l'imprimeur sont payées rubis sur l'ongle. [...] "On a beaucoup réfléchi à la manière d'améliorer l'affaire, notamment la façon de séduire les établissements visés. Xavier était optimiste : il disait qu'avec le temps ça finirait par marcher." Lorsqu' il ne parle pas boulot, Xavier évoque sa grande passion : l'Amérique. "[...] C'était un homme adorable, très affable et souriant [...]"

* le prénom a été changé.

Thibault Raisse avec Pierre-Baptiste Vanzini à Nantes.
Le Parisien / Aujourd'hui en France. Mercredi 27 avril 2011.



Témoignage spontané d'Emmanuel, ami d'enfance de Xavier et parrain de Thomas, à la lecture de cette page :

 "Le vrai Xavier, c'est aussi celui qui a fait près de 1500 kms pour l'enterrement de mon père, sans aucune sollicitation de ma part... C'était il y a un peu plus de 3 ans... Amitié indéfectible ! Emmanuel."

Le 28 août 2012, anniversaire de Thomas


Pour la véritable personnalité de Xavier, lire également :

Le vrai Xavier (2)




dimanche 26 août 2012

« Chaux vive »



Mis à jour le 23 février 2013


La culture du navet  -  Eviter les terrasses ombragées et l'amendement à la chaux


Nous avons lu le roman de l'été (*). Que l'on nous permette, en tant que famille directement affectée par l'affaire de Nantes, quelques réflexions - qui là encore ne prétendent pas être exhaustives. Ni ne prétendent relever l'impudeur de cet ouvrage, qui fait fi du respect élémentaire dû à toutes les personnes concernées, aux familles et aux proches en particulier. Irrespect qui paradoxalement vient encore à l'appui de nos vues : en cas de réel drame familial, se permettrait-on de badiner avec un tel sujet ? De remuer le fer dans la plaie ?

Nous nous contenterons donc d'un rapide survol, le scénario du roman ne faisant que démontrer l'incohérence de l'hypothèse d'un même drame à Nantes. Il en est, à nos yeux, la démonstration par l'absurde. Brillante.

Il est amusant de constater la façon dont l'auteur esquive toutes les difficultés une à une, en modifiant une à une toutes les données de la problématique de Nantes. Chaque élément subit à tour de rôle sa petite distorsion, de façon à mettre sur pied un scénario de drame familial qui tienne peu ou prou... Car même avec cette réécriture expurgée de toutes les difficultés majeures, le scénario demeure invinciblement bancal : que deviendra le fugitif, une fois passée la frontière espagnole ? Suicide ou cavale ?

De quels appuis va-t-il bénéficier pour refaire sa vie ? Autant de réponses qui restent dans le brouillard... Et pour cause. Il est à remarquer que les quatre enfants disparus, sont devenus seulement deux enfants ; ce ne sont plus deux jeunes adultes et deux adolescents, plein de vie, mais bien deux enfants en bas âge - bien plus faciles à déplacer, à dissimuler... Encore a-t-il fallu de la préméditation, afin d'avoir le prétexte peu crédible, de l'archéologie, pour avoir une raison de creuser les fosses... et d'embaucher de la main d'œuvre, sans scrupules. Il ne s'agit plus non plus de deux labradors adultes, mais d'un seul chien - ce qui là encore divise le travail par deux, et donc le temps nécessaire également.

Avec des Si, on met Paris dans une bouteille, dit-on : joli tour de passe-passe. Moitié moins de travail, et deux paires de bras pour creuser... car de toute évidence l'opération dépasse les capacités d'un seul homme (là, en revanche, l'on recoupe l'avis de la police même, selon laquelle le creusement des fosses à Nantes fut le travail de plusieurs personnes ; un petit commando…). L'histoire se passe à Bordeaux, puis dans les Pyrénées, question de pouvoir passer la frontière rapidement...

Les lettres adressées aux proches, ne sont pas postées, on ne les retrouve que par la suite - tandis que les vacances de Noël ont permis de masquer un temps la disparition de la famille, le temps des vacances. Ce qui change aussi intégralement la donne... Par ailleurs, rien ne manque dans la maison bordelaise, ni vêtements, ni photos, ni cadres, ni ordinateurs... mais les lits ont été retirés - contrairement à la maison nantaise. Où c'est tout l'inverse. Et le pervers se garde bien d'acheter la chaux lui-même, il se fait servir par un être faible qu'il exploite, qu'il implique encore ici en lui suggérant de faire un chèque, et ce toujours sans aucun scrupule. Avec sadisme.

Cet anti-héros est un être peu fiable, sans parole, théâtral, phraseur, friand de mondanités - égocentrique pour tout dire. Sa personnalité là encore, est aux antipodes de celle de Xavier - auquel l'auteur dit faire référence en toute liberté... À tel point que pas un proche ne peut accorder foi à la lettre de départ, laissée par le pervers. Ils ne peuvent l'accréditer aucunement, du fait du manque de fiabilité du personnage.

Là encore, ceci est en totale opposition avec les faits, tout naturellement, puisqu'il s'agit d'un roman... Le plagiat de la lettre de Xavier et Agnès n'est pas loin. L'auteur pense sans doute se couvrir en en donnant une version de parodie, en modifiant soigneusement quelques mots... Triste procédé, qui ne peut laisser indifférents ceux qui connaissent bien Xavier, sa serviabilité, sa délicatesse, son souci d'autrui, en un mot son caractère aux antipodes du pervers. Et qui ont accordé du crédit à sa lettre de départ en famille, car cohérente avec son caractère, avec ses activités et les obscurités du passé, que cette lettre éclaire d'un jour nouveau. Ceci renforcé par les renseignements pris alors : cette lettre n'avait rien d'impossible. Ni d'extravagant. Et elle demeure toujours aussi crédible, à cette heure, notamment au vu du dossier d'instruction.

Pour quelle raison, dès lors, la dénigrer ainsi ? La question demeure.

Est-il utile de relever que dans le roman, l'activité professionnelle de l'anti-héros n'existe qu'à l'état de projet : ce « vampire affectif » (**) abuse de la naïveté d'un jeune étudiant sans le sou, et l'exploite. Encore une fois, rigoureusement aux antipodes de la réalité dont l'auteur dit s'inspirer.

Pourquoi une telle satire, aussi systématique, aussi outrancière ? C'est la question de fond qui s'impose au lecteur.

Pourquoi produire un tel ouvrage : seulement pour le plaisir ? Pour l'appât du gain ? Pour la gloire ?





* "Chaux vive", Xavier Patier, éditions de la Table Ronde, août 2012.

** « vampire affectif », selon la terminologie d'Albert Bernstein.

dimanche 12 août 2012

Affaire Dupont de Ligonnès et secte : info ou intox ?


Sur le site de l'UNADFI, depuis le 3 mai 2011, on peut lire les assertions suivantes :


L’UNADFI a eu connaissance en 1995 du groupe de prière « Philadelphie », dit « Église de Philadelphie » ou encore « Le Jardin ».
Des anciens adeptes du groupe et des proches d’adeptes avaient alors contacté l’ADFI Bretagne.
La fondatrice du groupe, Geneviève de Ligonnès, prétendait recevoir des « messages » qui ont été, au fur et à mesure, consignés dans un livret intitulé « Message d’Amour et de Miséricorde - Œuvre de Rédemption ».
Il apparaissait que le groupe dit « Église de Philadelphie » comportait de nombreux critères de type sectaire :
  • mise sous dépendance des membres du groupes par l’« Âme privilégiée »,
  • pression liée aux messages à la fois séducteurs et anxiogènes de la doctrine,
  • escroquerie intellectuelle,
  • diabolisation du monde extérieur et incitation à des ruptures d’ordre affectif (proches, famille),
  • incitation aux dons,
  • déscolarisation des enfants…

La doctrine du groupe était à ce point délirante que le service psychiatrique des hôpitaux de Rennes en avait été averti. Le chef de service avait jugé cette affaire suffisamment grave pour prendre contact avec le procureur de la République d’Avranches.
Plus récemment, l’ADFI Yvelines a de nouveau été saisie sur ce dossier par des proches de membres du groupe pour des faits qui se sont déroulés ces deux dernières années.



Georges Fenech, président de la MIVILUDES, est ensuite intervenu dans la presse, à partir du 10 mai 2011 :


Le Monde avec AFP, le 10 mai 2011 : 

Georges Fenech : "Xavier Dupont de Ligonnès était le fils de Geneviève, donc il a grandi dans ce contexte, j'imagine. On ne peut que constater que Xavier était un enfant aux côtés de sa mère, au moment où sa mère constituait son groupe de prière. Il a certainement baigné dans ce climat très mystique, très anxiogène sans doute" […]. 

La Mission de lutte contre les dérives sectaires [MIVILUDES] a indiqué, mardi [10 mai 2011], que Geneviève Dupont de Ligonnès, la mère de M. Xavier Dupont de Ligonnès, avait créé un "groupe de prières fermé" comportant "des risques de dérives sectaires". A ce sujet, [le procureur de Nantes] M. Ronsin souligne que ces éléments ont été transmis à son parquet, qui les a "expertisés et exploités", mais qu'à "ce jour aucune preuve d'un embrigadement sectaire récent ou éloigné de Xavier Dupont de Ligonnès n'a été procéduralement recueilli". 


Georges Fenech (au procureur de la république Xavier Ronsin), 11 mai 2011 :

Dans le cadre de sa mission de coordination de l'action préventive et répressive des pouvoirs publics en matière de lutte contre les dérives sectaires, la MIVILUDES a été contactée par l'Association de Défense des Familles et de l'Individu (ADFI) de Versailles, qui a souhaité porter d'initiative à sa connaissance un certain nombre d'éléments concernant la mère de Xavier Dupont de Ligonnès, Mme Geneviève Dupont de Ligonnès, demeurant à Versailles, après avoir lu dans la presse que des recherches étaient effectuées sur l'appartenance de certains membres de la famille de Ligonnès à une communauté "sectaire"

Les informations obtenues auprès de cette association qui dépend de l'UNADFI, fédération nationale reconnue d'utilité publique, membre du conseil d'orientation de la MIVILUDES, ont permis d'apprendre – les vérifications sont en cours auprès des services de renseignement et de l'évêché – que Mme de Ligonnès animerait depuis les années 1960 un groupe de prière appelé "Philadelphie", en référence à un verset de l'Apocalypse de St Jean. 

Ce groupe de prière est inconnu de la MIVILUDES et du SDIG de Versailles. Il n'a aucun rapport avec une autre communauté, appelée "Église de Philadelphie", déjà répertoriée par la mission interministérielle. […]



Pas de communication sur le résultat des vérifications auprès des renseignements et de l'évêché...


Interview de Geneviève Dupont de Ligonnès par RTL, le 12 octobre 2011 : 

RTL : "On a beaucoup parlé de la foi de Xavier... C’était quelqu’un de très croyant ?
GDDL : "Il avait de très bonnes bases, il a été élevé dans une famille catholique. De mon côté ce grand départ [exfiltration familiale], ce traumatisme, tout ça je le supporte grâce à ma foi.
RTL : "En tout cas vous rejetez les assimilations à un groupe sectaire...
GDDL : "Oui, ça non seulement je rejette mais je trouve que c’est complètement ridicule. Il n'y a pas l’ombre d’une secte ni d’un groupe de prière, personne ne vient chez moi se rassembler pour faire des prières... Non ça ne correspond pas du tout du tout à mon profil.



En mai 2014, à la lecture d'articles de presse, l'UNADFI a publié ce qui suit :

Cela fait trois ans que Xavier Dupont de Ligonnès est en cavale depuis le meurtre perpétré sur sa femme et ses quatre enfants en avril 2011.

La procureure de Nantes, Brigitte Lamy, constate que l’année écoulée n’a pas permis à l’enquête de progresser. Suicide ou cavale  : les deux hypothèses restent valables. Parti sans un sou sur son compte, il se pourrait qu’il bénéficie d’une aide extérieure dans une fuite organisée. La procureure n’exclut pas le soutien d’une secte.

On se souvient que Xavier Dupont de Ligonnès fréquentait un groupe de prières fondé par sa mère, Geneviève Dupont de Ligonnès. Cette dernière prétend recevoir des messages divins qu’elle consigne dans un livret  : Message d’Amour et de Miséricorde – Œuvre de rédemption.

Brigitte Lamy se refuse à refermer le dossier afin d’éviter de faire courir le délai de prescription. Les recherches pourraient reprendre dans le Sud-Est.

Source  : France 3 Côte d’Azur, 13.04.2014 & Presse Océan, édition spéciale, 21.04.2014


France 3 Côte d'Azur, 13 avril 2014:

Pour Brigitte Lamy, procureur de la République de Nantes (44), berceau de ce drame familial, "aujourd'hui, il n'y a rien à dire... Il ne s'est rien passé". Pour elle, "il y a bien eu ces recherches près de Fréjus dans le Var en 2013, mais c'est tout."
Mais dans cette affaire, même s'il n'y pas d'élément nouveau, les investigations continuent; pour l'heure en vain; "aucune nouvelle fouille n'est programmée et les plus de 1.000 témoignages n'ont rien donné."

Brigitte Lamy estime qu'il n'est pas question pour autant "de refermer déjà le dossier, afin d'éviter de faire courir le délai de prescription."
Pour elle, "les deux hypothèses restent ouvertes. Tout est possible, la cavale paraît difficile, mais on ne peut pas dire que c'est complètement exclu".
A la question sur un possible soutien et une aide extérieure dans une fuite organisée, la procureur va jusqu'à évoquer la présence d'une secte, pourquoi pas, à ses côtés. Une hypothèse, qui ne semble pas non plus la convaincre.

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Le lecteur se fera une idée par lui-même en lisant les articles ci-dessous :